Je me suis inscrite à la course Mud Girl Québec en avril dernier avec une amie à moi qui avait besoin d’un défi pour se motiver à bouger et perdre du poids. Mud Girl, c’est une course de 5km pour les femmes seulement avec des obstacles réalisables pour tout le monde (au pire, tu passes à côté). La semaine dernière, lors de mon atelier, j’ai réussi à recruter ma soeur pour prendre le départ avec nous.

Samedi matin, ma chum en question décide de ne pas courir avec nous, et ce pour toutes sortes de raison, entre autre, le regard des autres sur elle et son manque de confiance envers ses capacités (je ne peux pas lui tordre un bras pour qu’elle la fasse tout de même, alors je respecte sa décision, quoique bien déçue de ne pas partir avec elle).

Il fait environ 5 degrés lorsque l’on arrive au Domaine du Radar à Saint-Sylvestre. La course, tel que son nom l’indique, MUD girl, se passe dans la bouette. 5 degrés, c’est pas chaud pour la pompe à l’eau. On prend la ligne de départ, les filles sont en feu (ça n’a jamais vraiment été mon genre de taper dans mes mains et crier HOURRA sur une ligne de départ, mais bon). On décolle en petite vague, une chance, car il est alors impossible de courir. Les poulettes avancent à pas de tortue (moi dans la vie, je cours, alors j’avais le goût de courir), alors je marche. Ma soeur jogge. On arrive au premier obstacles, un trou d’eau, et puis un deuxième (youpi…). On traverse, ma soeur se fait mal à la cheville (déjà!?). Elle a quand même pas dit son dernier mot. On continue.

Je pense que le pire obstacle de la course, aura été la montée du Mont Radar. Les filles étaient découragées (ma soeur inclus). Fait intéressant, ma soeur m’a demandé de lui rappeler de respirer pendant la course, ce que j’ai fait avec brio, surtout pendant cette montée là. Ma soeur me répète à plusieurs reprises (à travers ses périodes d’apnée) qu’elle ne ferait pas 65km avec moi (ce qui amuse bien des gens autour). On arrive finalement en haut. La question « as-tu du fun? » revient souvent à partir d’ici.EAI_MGRQC300917_00100

On traverse quelques obstacles avant de se rendre à une magnifique section de single track, OÙ LES FILLES MARCHAIENT!!!!! J’avais les jambes en fourmis, j’avais le goût de courir… Je suis même presque devenue marabou… Ma soeur, derrière moi, était en feu aussi, elle avait le goût de courir, alors dès que ça a été possible, on a dépassé tout plein de gens (je les ai même peut-être froissées un peu… les filles je suis sincèrement désolée!!!).

Les obstacles s’enchainent, on a marché dans de la grosse bouette sale sur plusieurs 100m (où j’ai rie tellement ma soeur s’enfonçait dans la gadoue qui sentait les égouts) pour finalement arriver au lac… Je peux pas croire qu’ils nous ont demandé de traverser ça (j’ai appris qu’ils avaient changé d’idée plus tard en journée, ils ont fermé l’obstacle « LE LAC À 4 DEGRÉS »). J’ai pris mon courage à deux mains (et c’est pas peu dire), MAUDIT que c’était froid. Les poumons et le coeur m’ont arrêté. J’étais pas déçue de rejoindre l’autre côté.

La fin était proche, plus ou moins 1km à faire. On devait passer sous un pont de béton. Ma soeur se découvre une claustrophobie à ce moment là (génial..). Sa respiration s’emballe, elle panique, « Marie j’aime vraiment pas ça ». On fini par sortir de là, reprend de l’air, « oublie pas ma soeur, ON S’AMUSE ». On repart pour les derniers obstacles (structures gonflables pour la plupart), je suis devenue un enfant! Ce qui nous mène à l’arrivée, la médaille et l’hypothermie (il devait faire 7 degrés rendu là, belle température pour se baigner…).22199045_10212831081484614_1144485350_o

Ma soeur, la face bouettée et mouillée, a les yeux dans l’eau. Je suis fière d’elle, maudit que je suis fière. Elle s’est dépassée comme rarement au niveau physique (et même psychologique je crois), elle n’a pas baissé les bras et pour ça, je lui lève mon chapeau. Ce que je m’efforce de vous faire vivre dans mes comptes rendus, elle le vit elle-même aujourd’hui. C’est beau à voir. Les filles sont fières de ce qu’elles ont accomplie rendue à l’arrivée. Je trouve ça magnifique.

Ici, les filles ne se sont pas senties jugées et ont pu s’amuser. Parce que vous savez quoi? J’ai appris que encore en 2017, on juge les gens sur leur poids et leur apparence. ÇA VA LES MALADES!?? Je ne comprend pas, mais pas du tout, qu’aujourd’hui encore, on ait besoin d’une course « spéciale femme » pour se sentir acceptée et s’amuser.

Je suis presque tombée dans la panneau aussi (voir mon attitude dans les single track), mais en repensant à ça, ce n’était pas une course pour performer, voir même pour courir. Les filles étaient là pour s’amuser, point à la ligne, pas de pression ou de jugement.

Message à ceux (et même celles) qui ont le goût de juger une fille qui court se le bord du chemin. Avant de lui crier des insultes, regarde toi dont 2 minutes dans ton miroir. Demande toi dont ce que ça va t’apporter de lui dire ça et demande toi dont comment tu trouverais ça que ta fille, ta femme, ta soeur ou ta mère se fasse crier après comme ça? Repense y à 2 fois (et c’est la même chose pour ce gars qui fait l’effort d’aller courir/marcher/promener son chien et qui fait rire de lui by the way). 

Mud Girl, ça m’a rappelé ça. Les filles, on est belles, on est parfaites comme on est, peu importe ce qu’en pense les autres. Prendre sa santé en main, en se fixant des objectifs comme Mud Girl, c’est louable. Dépassez vous les chéries, faites-vous confiance et ce peu importe votre poids, votre âge, votre silhouette. Je vous aime, aimez vous aussi ❤   

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