2019… Une année pas comme les autres. Cette année où j’ai appris (et apprend toujours) à être maman. À travers ça, j’ai décidé de me lancer 2 défis, courir le 65km de l’Ultra-Trail Harricana ainsi que le 80km de Bromont. Samedi dernier, avait lieu le premier des deux objectifs. C’est alors la journée de mes 30 ans que j’ai parcouru les sentiers de l’arrière-pays de Charlevoix.

C’est bien excitée que j’ai préparé mes choses (encore une fois trop à l’avance) pour prendre part à la course. Cette fois-ci était spéciale, j’avais un mini moi dans les pattes 🙂 J’ai préparé mon bagage et celui de mon bébé parce que mon chum et lui venaient me trouver à l’arrivée!

Vendredi après-midi, on décolle mon amie Mel (#teambraillarde) et moi! On fait un saut à l’église récupérer mon dossard, jaser un peu, faire pipi (c’était sur la Bucket list de Mel, c’est digne de mention!), assister au 15 premières minutes de la discussion sur l’équilibre organisée par Distance + (parce que dans la même lignée, souper à une heure décente la vieille d’une course, c’est aussi ça l’équilibre!). Une petite lasagne et un tour au Mont Grand-Fonts plus tard, on s’enligne à l’hôtel pour faire dodo. Je me suis endormie comme un chef (mon manque de sommeil des 9 derniers mois prend définitivement le dessus sur ma fébrilité d’avant course!!).

3h45 AM, le réveil sonne. Mes yeux ne sont même pas encore ouvert que le tire-lait est déjà pluggé et allumé. Manque juste à s’habiller, préparer mon fidèle bagel au Nutella, ma galette et ma banane et se diriger vers le Mont Grand-Fonds pour prendre la navette jusqu’aux Hautes-Gorges, d’où le départ est donné. Bien sur qu’il faisait froid, mais rien à voir avec l’an dernier. C’est la tuque callée jusqu’aux sourcils, enroulée dans mon hoodie du CTNB que je m’assoupie dans la navette (vive le manque de sommeil!).

On arrive un peu avant 6h. Brrrrrr…. c’est moins chaud les Hautes-Gorges… Mais bonne nouvelle, on peut rester à l’intérieur un peu. Toujours bien en contrôle de mes moyens, je me prépare tranquillement. Marie-Manuelle, mon amie et athlète que je coach, vient me trouver. Elle semble un peu moins relaxe que moi, mais se gère beaucoup mieux que ce que j’aurais pensé (good job mom;).

On sort dehors… c’est pas chaud! On se dirige dans le box de départ, où Fred vient nous rejoindre. Les consignes d’avant course sont données, pas de fla fla, fa frette! 7h pile, le départ est donné.

Ça part vite. On descend le chemin d’asphalte avant de rejoindre une petite route en gravelle. Le rythme est bon, ni trop lent ni trop vite. Je sais que si je prend trop mon temps, je serai prise dans le goulot d’étranglement dans l’entrée du sentier un peu après le ravito du Gaie Bleu.

Le sérieux commence. Dans la description, cette section entre le premier et le deuxième ravito est considéré comme très difficile. Je suis assez bien placée dans le pack, donc je peux progresser à mon rythme, sans être coincée derrière qui n’avance pas assez vite à mon gout. On reste tout de même assez groupé et en mottons pendant un moment. Lorsque le chemin s’élargie, on se disperse un peu. Je commence à me dire que j’ai peut-être abusé de la vitesse en suivant toujours la personne devant moi. Je ralentie un peu la cadence, mais les sentiers sont beaux, et les jambes répondent bien. Seul hic, mon niveau d’énergie (tu te rappelles, 9 mois de manque de sommeil?). C’est vraiment pas le temps de tomber dans la caféine avec seulement 20km de fait. Je me gâte un Fruit3 à la betterave, ça aide. Je commence à me rationner sur l’eau… 2×500 ml, c’est peut-être trop peu pour 15km. J’avais oublié que l’allaitement modifie ma gestion de l’eau (les 2 fois ou j’ai participé à cette course, j’étais ok avec cette quantité d’eau).

J’ai le goût de commencer à cramper (fudge……). J’avais de l’Électro2 dans une de mes bouteilles. Aweille les électrolytes si tu ne veux pas que ça parte en vrille!!! Mon seul hic, même si je les ai testé en entraînement, je commence à avoir mal à l’estomac…. Merde. On verra la suite hen…

Déjà arrivée au Coyote??! Je niaise pas, je remplie mes gourdes, PLEINES. Parce qu’il y a encore un bon stretch avant le prochain ravito. Et on est reparti dans le bois! Les km défilent… Ça va vite, je vais vite! J’ai environ 1h de moins que ce que j’avais approximé. Quand l’occasion s’y prête, je pense à envoyé un message texte à mon chum pour lui dire que j’ai de l’avance… De s’en venir avec le petit s’il ne veut pas manquer mon arrivée! Les km défilent toujours… même constat, 2×500 ml d’eau, c’est pas assez! L’estomac semble se placer par exemple, bonne nouvelle! Les crampes me guettent encore, je sais qu’elles seront prêtes à me sauter dessus dès qu’elles en auront l’occasion. Encore un Fruit3 (#beetthebonk), et je continue. Le rythme ne diminue pas mal l’inconfort musculaire.

Il me semble qu’il manque des sections à la course… ça va vite!!!!! C’est en shape que j’arrive à l’Épervier. Je rencontre ma belle Odette avec Corinne, qui me redonne une bonne dose de courage pour la suite. Encore une fois, je mange des trucs salés, je remplie mes gourdes, un bon verre d’Électro2, et on est reparti. Mon niveau de fatigue s’est stabilisée. Je suis en forme, mes jambes aussi. Il y a environ 7km qui nous sépare du prochain ravito.

À partir de l’Épervier, les ratios sont tous à environ 7-8km l’un de l’autre. Ça va aller vite!! On s’est retrouvé 5-6 (je pense?) à courir ensemble. On s’est suivi jusqu’au Split BMR. Des beaux single tracks où à la gang, on a dépassé, dépassé et dépassé des gens sur le 42km. Les crampes qui me guettaient ont l’air de s’être calmées le pompon. Je me sens bien et en forme pour attaquer la Montagne Noire. La seule montée qui reste. Mon chum, qui avait peur de ne pas être là à temps, me texte qu’il est arrivé. Un petit coup de pied au derrière pour continuer d’avancer!!

Je marche. Je suis en forme, mais mes jambes commencent à être plus lourdes en montant. Et mon dos aussi… il aime de moins en moins les montées. Mais je ne lâche pas. Je continue… Un peu avant le dernier ravito, je suis fatiguée. Oh que ça devient difficile… Fruit3 caféine, C’EST LE TEMPS!!! Il me reste 12km à faire… je roule encore, mais il me manque un petit boost. Ça n’a pas pris beaucoup de temps avant de me sentir mieux. Plus que quelques km avant le dernier ravito…

FINALEMENT!! Le dernier ravito, et un Jean-Michel encore en forme!!!! Lui aussi me redonne un bon boost pour la fin! Il reste 8km. 8km de descente. Ça l’air sexy dit comme ça… mais c’est quand même moyen 😛 Mais maudit, mes jambes m’écoute encore (je suis fessée par comment mon corps se comporte…!!!).

Quand vient le temps de rentrer dans les pistes de ski/station balnéaire de bain de bouette du Mont Grand-Fonds que mon fun baisse un peu. Il ne faut pas que je me coince un pied dans un trou de bouette, c’est sûr que je crampe sur place et que je ne bouge plus. J’ai considérablement ralentie dans cette dernière section. Un ange tombe du ciel toi… Charlie est là, elle m’attend (whatttttttt!!!!). Elle m’encourage, me force à continuer de courir la maudite petite bute! Ça, ça a fait du bien!!!

Je sais que l’arrivée est proche… 2, 1km…. Le fameux 1km. Aweille la mère, lâche pas…

Le son de l’annonceur… la vue de l’arrivée (qui est différente d’ailleurs)… mon chum… mon bébé… (je suis encore émue en écrivant ça… maudites hormones), mes soeurs, Mel….

Tout ça pour l’arrivée… Tout ça pour profiter de ce moment là… Ça n’a pas de prix ce que j’ai vécu. J’ai tout donné… sincèrement, TOUT. La batterie était pas complètement déchargée, mais pas loin.

J’y repense et je n’en reviens pas encore. Au delà de ma gestion de course, ce qui me frappe le plus, c’est le temps que j’y ai mis. 8h07… 8h07… (tu te demandes pourquoi j’en reviens pas? Je te réfère ici, tu vas comprendre). J’ai coupé environ 2h à mon temps de 2017. 2 fucking heures… J’espérais un top 20… j’ai fait un top 10… 8ème femme à franchir la ligne d’arrivée… Incroyable.

Le plus beau? C’est ça:

Ce moment qui va rester gravé dans ma mémoire… Merci à tous de votre incroyable support, votre présence…. Je suis encore sur mon nuage!

J’ai appris beaucoup pendant cette course là. J’ai aussi fait plusieurs constats qui seront forts utiles pour pour Bromont:

  • Je vais devoir me calmer, aller moins vite. Il y a beaucoup plus de dénivelé, pas le temps de faire de folies.
  • Je vais devoir faire des exercices de renforcement pour mon dos, pas question d’avoir mal pendant 3500m de D+ à Bromont.
  • Avoir une petite bouteille de plus… ce ne sera pas du luxe!!!
  • Essayer (essayer est le bon mot) de faire une petite cure de sommeil.
  • Continuer de m’amuser ❤

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